Je dors, enfin. Il n'est que 15h, mais je suis épuisée comme toujours et en rentrant chez moi je me suis jetée sous la couette. Mes yeux se sont clos instantanément, la chaleur de la couette me gagne rapidement et mon portable sonne... Mon portable sonne ? Je l'ignore une fois... Deux fois... Trois fois. Quatrième fois je grogne d'exaspération... Cinquieme fois je décroche en hurlant « QUOI ? ». J'entend la voie éploré de Julia qui tente de me dire quelque chose, je suis complètement à l'ouest et je lui répond « mais arrête de chialer je comprend rien », ce qui n'as pour effet que d'augmenter ses gémissements. Elle hoquette, puis cri dans un sanglot « J'ai fais une connerie, j'ai avalé des cachets, je sais pas ce que c'est, aide moiiiiii » et ses chuintements reprennent de plus belle.
Julia est ma meilleure amie, j'entends par là que je la connais depuis des années, qu'on a prises nos premières cuites ensemble et que c'est à moi de subir ses appels de détresse en plein après midi. Le problème avec Julia, c'est qu'elle en fait toujours trop. Et là je me doute que c'est à peu près ce qu'il se passe, mais par acquis de conscience je lui dit d'appeler le SAMU et que j'arrive. J'habite 3 étages au dessus de chez Julia ce qui fait qu'elle aurait tout autant pu venir sonner, mais passons...
Je ne prends même pas la peine de sonner et j'entre. Je trouve une Julia en larme, décoiffée, le mascara dégoulinant et la morve au nez, écroulée près du téléphone. J'en serais presque émue si ce spectacle était exclusif, mais ce n'est pas le cas. La seule fois où elle m'a fait ce coup auparavant, elle avait essayé de se suicider à l'aspirine. Pathétique. Je vais donc directement dans la salle de bain voir ce qui était au menu du jour et je vois, assez impressionnée par ce changement de scénario je l'avoue, qu'une boite de Stilnox ainsi que de Lexomil sont sorties.
Je repars m'asseoir près d'elle en lui demandant ce qui lui a pris. Encore une fois elle baragouine entre deux hoquets qu'elle en a marre, que sa vie n'a pas de sens et qu'elle préfère en finir. En finir, oui, en me réveillant de préférence je suppose. Je soupire, je suis crevée et tout ça me fatigue encore plus. Je suppose qu'elle a encore du s'engueuler avec son mec, un pauvre type superficiel et assez con je dois dire mais fort baisable à première vue. Alors je ne dis rien, j'attends juste que les médecins arrivent, qu'elle fasse sa crise encore une fois comme une actrice de théâtre jouant encore un soir devant un nouveau publique, que l'on me dise qu'il faut prendre soin d'elle, qu'elle est fragile et qu'elle a besoin d'attention et bla bla bla... je commence a connaître le refrain par c½ur et je dois dire que les couplets me semblent de plus en plus redondants. Elle pose la tête sur mon épaule et dès lors, seul ses hoquets brisent le silence. Je ne sais pas combien de temps dure la scène, assez je suppose pour que, si elle avait pris une dose mortelle, on puisse l'enterrer dans les 3 jours.
Quand le SAMU frappe enfin à la porte, Julia s'est endormie sur moi. Un médecin l'attrape et tente de la réveiller en la secouant doucement d'abord puis en la bousculant carrément. Il repose son corps et hurle quelque chose à son équipier. Moi je regarde la scène comme au cinéma, sans m'émouvoir ni réaliser ce qu'il se passe. Le deuxième homme fait un garrot au bras doré inanimé et y plante une seringue translucide. Julia relève son buste dans une grande inspiration bruyante. Elle regarde les 2 types, les yeux écartillés et la bouche ouverte comme un poisson mort pendant 30 secondes puis se remet à chialer. Je me demande toujours comment elle arrive a secréter autant de flotte et si un jour elle se tarira.
Très vite ils l'emportent loin de moi en prononçant encore tout un tas de charabia incompréhensible, si bien que je met presque à regretter de ne pas avoir passer mes dimanches soirs de ses 10 dernières année devant Urgence. Je ferme la porte et remonte me coucher.
Aussitôt sous la couette j'attrape mon portable et le ferme. Elle pourrait bien avoir la bonne idée de crever en chemin.
text & pic : Zap ©
Julia est ma meilleure amie, j'entends par là que je la connais depuis des années, qu'on a prises nos premières cuites ensemble et que c'est à moi de subir ses appels de détresse en plein après midi. Le problème avec Julia, c'est qu'elle en fait toujours trop. Et là je me doute que c'est à peu près ce qu'il se passe, mais par acquis de conscience je lui dit d'appeler le SAMU et que j'arrive. J'habite 3 étages au dessus de chez Julia ce qui fait qu'elle aurait tout autant pu venir sonner, mais passons...
Je ne prends même pas la peine de sonner et j'entre. Je trouve une Julia en larme, décoiffée, le mascara dégoulinant et la morve au nez, écroulée près du téléphone. J'en serais presque émue si ce spectacle était exclusif, mais ce n'est pas le cas. La seule fois où elle m'a fait ce coup auparavant, elle avait essayé de se suicider à l'aspirine. Pathétique. Je vais donc directement dans la salle de bain voir ce qui était au menu du jour et je vois, assez impressionnée par ce changement de scénario je l'avoue, qu'une boite de Stilnox ainsi que de Lexomil sont sorties.
Je repars m'asseoir près d'elle en lui demandant ce qui lui a pris. Encore une fois elle baragouine entre deux hoquets qu'elle en a marre, que sa vie n'a pas de sens et qu'elle préfère en finir. En finir, oui, en me réveillant de préférence je suppose. Je soupire, je suis crevée et tout ça me fatigue encore plus. Je suppose qu'elle a encore du s'engueuler avec son mec, un pauvre type superficiel et assez con je dois dire mais fort baisable à première vue. Alors je ne dis rien, j'attends juste que les médecins arrivent, qu'elle fasse sa crise encore une fois comme une actrice de théâtre jouant encore un soir devant un nouveau publique, que l'on me dise qu'il faut prendre soin d'elle, qu'elle est fragile et qu'elle a besoin d'attention et bla bla bla... je commence a connaître le refrain par c½ur et je dois dire que les couplets me semblent de plus en plus redondants. Elle pose la tête sur mon épaule et dès lors, seul ses hoquets brisent le silence. Je ne sais pas combien de temps dure la scène, assez je suppose pour que, si elle avait pris une dose mortelle, on puisse l'enterrer dans les 3 jours.
Quand le SAMU frappe enfin à la porte, Julia s'est endormie sur moi. Un médecin l'attrape et tente de la réveiller en la secouant doucement d'abord puis en la bousculant carrément. Il repose son corps et hurle quelque chose à son équipier. Moi je regarde la scène comme au cinéma, sans m'émouvoir ni réaliser ce qu'il se passe. Le deuxième homme fait un garrot au bras doré inanimé et y plante une seringue translucide. Julia relève son buste dans une grande inspiration bruyante. Elle regarde les 2 types, les yeux écartillés et la bouche ouverte comme un poisson mort pendant 30 secondes puis se remet à chialer. Je me demande toujours comment elle arrive a secréter autant de flotte et si un jour elle se tarira.
Très vite ils l'emportent loin de moi en prononçant encore tout un tas de charabia incompréhensible, si bien que je met presque à regretter de ne pas avoir passer mes dimanches soirs de ses 10 dernières année devant Urgence. Je ferme la porte et remonte me coucher.
Aussitôt sous la couette j'attrape mon portable et le ferme. Elle pourrait bien avoir la bonne idée de crever en chemin.
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